une lettre de Julien Gracq à Gibbsy Tarnaud

St. Florent, 29 Septembre 2007

Chère Madame,

            Je n’écris plus, à mon âge, de textes littéraires, mais, à la demande de Pierre Yves Chiron, je ne peux que vous redire le vif souvenir que je garde des rencontres que j’avais parfois, entre 1947 et 1951, chez Jacques Hérold dont j’étais le voisin avec Jouffroy, Rodanski et Claude Tarnaud : une génération qui réanimait le surréalisme sans s’engager dans ses impasses politiques, et où Béatrice de la Sablière, quelquefois, surgissait silencieusement. Maison amicale, qui n’existe plus, génération que l’époque et les événements n’ont guère favorisée, mais dont tous ceux qui l’ont connue se sentent la charge de conserver le message et de la garder contre l’oubli. La jeunesse habitait ce havre accueillant et l’habite toujours.

             Bien cordialement,
                                                 Julien Gracq


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